Parier sur le sport extrême, est-ce contraire à son éthique ?

Parier sur le sport extrême, est-ce contraire à son éthique ?
  • Posté le : 5 janvier 2012

Chaque pratique ou domaine sportif se revendique de certaines valeurs. Le principe du pari sportif sur les compétitions des sports populaires (football, tennis, etc.) ne pose guère question, on s’y attache plutôt à combattre les dérives de corruption des joueurs ou des arbitres.
Pour les sports extrêmes, le sujet est bien plus problématique, ses valeurs de dépassement de soi et d’effort désintéressé semblent en effet s’opposer à l’idée d’y introduire des formes de pari avec gains d’argent à la clé.

Le danger dans le sport extrême

La catégorie s’élargit….

Définir ce qu’est un « sport extrême » est assez compliqué. A l’origine, les sports extrêmes regroupaient les sports particulièrement dangereux, comportant des risques d’accidents graves voire mortels en cas d’erreur de la part du pratiquant : funambulisme, plongée en apnée ou en eau libre, kayak de rivière, bmx, saut à l’élastique, moto cross, etc.
Ensuite, la définition des sports extrêmes a eu tendance à se relâcher et à inclure tous les sports à sensations fortes : moto cross, ski de vitesse ou acrobatique, escalade en extérieur, plongeon de haut vol.

Des pratiques extrêmes

Ainsi, pour beaucoup de sports, la frontière est devenue ténue entre le sport classique et le sport extrême. Souvent, au sein d’une même discipline, on distingue des pratiques courantes et des pratiques « extrêmes ». Par exemple le ski pratiqué dans des conditions « normales » (beau temps, pistes damnées, etc.) ne saurait être mis dans le même niveau de pratique le snowboard hors piste ou encore le speed riding.

Dépassement personnel

A première vue, la dangerosité est sans doute ce qui différencie le plus facilement les pratiques sportives extrêmes des autres sports. En réalité, le danger est plus souvent une conséquence de valeur et de passions plus forte : le goût de l’aventure, la plaisir de sensations inédites ou encore le dépassement de soi, si cher à notre époque.

Le pari extrême

Parier sur un record de vitesse en kitesurf n’aurait sans doute pas grand-chose de choquant. En revanche, parier sur le succès d’une ascension d’un sommet himalayen serait sans doute moins dans l’esprit de cette pratique. Y a-t-il la place pour un pari de l’extrême ?

Conflit de valeurs

Dans les véritables sports extrêmes, « parier pour de l’argent » semble clairement futile tant ces pratiques sont marquées en termes de valeurs opposées : exploit pour l’exploit, harmonie et défi avec la nature, performance « pour soi » bien plus que celles de compétition et de gains.
On voit mal un passionné d’escalade s’intéresser d’abord au code promotionnel Unibet pour gagner son bonus et parier sur la réussite d’une ascension de plusieurs jours.

Mettre le sportif en danger : un faux argument

Dans la mesure où les risques d’accidents graves voire mortels sont assez élevés, parier sur les sports extrêmes peut être perçu comme quelque chose d’immoral. C’est en effet inciter à la prise de risques et peut-être mettre la vie du sportif en danger.
Cet argument de la dangerosité est contestable. En effet, d’autres sports autorisés aux paris sportifs ne sont pas moins exempts de dangers pour leurs pratiquants que les sports extrêmes. Ainsi, sur des sites comme Unibet ou PMU, on peut facilement parier sur la les courses automobiles (notamment sur la formule 1) ou motos.
Or celles-ci suscitent régulièrement des accidents, en témoignent les décès et blessés à chaque Dakar ou les accidents graves dans les courses de voiture. Et on pourrait sans doute dire la même chose des sports de combat.
Au final, ce ne sont donc pas les dangers mais plutôt les valeurs du sport extrême qui créent une incompatibilité avec le pari sportif.

Des valeurs déjà amenées à évoluer

Dans un passé récent, beaucoup de sports ont ainsi invoqué leurs valeurs face aux enjeux financiers de plus en plus importants (dernier en date le rugby). Or, avec le temps, il faut bien dire qu’ils ont mis de l’eau dans leur vin.
D’ailleurs déjà beaucoup de sportifs de l’extrême sont sponsorisés et représentants de marques, du vêtement au parfum en passant par le matériel de sport. Tracer une ligne jaune de fait ou de droit serait donc illusoire.

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