A l’occasion des 20 ans du FISE, nous avons interviewé Guillaume (alias  DJ StillFree, DJ Mayom), fondateur du Soundfari. Guillaume a notamment plus de 10 ans d’expérience à son actif  comme DJ sur le Fise. Retour avec lui sur le plus gros event de sports alternatifs en Europe.

Qguillaume soundfari dj stillfreeuand avez-vous joué pour la première fois pour le FISE ?

L’aventure a commencé en 2006. Nous avions joué pour une étape du championnat d’Europe de Wakeboard et l’un des organisateurs de l’époque, Raynald (organisateur du Pyrénées Circus à Saint Lary, gros succès de snow !), m’a donné le contact d’Olivier, de l’organisation FISE. Notre première scène pour le festival, c’était au Prado à Marseille, où j’ai rencontré Eric, un des deux co-fondateurs, avec Hervé, du FISE. Quoi de mieux pour débuter que de mixer au bord de mer, si on FISE SPORT EXTREME BMX

omet les vinyls qui s’envolent à cause du vent, et se déforment  à cause du soleil… Cela dit, le spot était magique.

fise marseille 2006 soundfari

 

C’était comment le FISE à ses débuts ?

C’était une belle rencontre. Je venais du milieu hip hop, ragga (au départ je viens du rock et de la Newwave), j’ai retrouvé dans le Fise  un même point commun avec le Soundfari.

J’ai fondé le Soundfari pour mélanger toutes les musiques au-delà des  clivages etc. Et le Fise  mélange différentes  disciplines en  un joyeux bordel ! (rires)

Ça a commencé, et ça continue, avec des passionnés. Y’a eu des ratés, c’était parfois galère, mais on kiffait grave. On y a retrouvé l’authenticité des gens vraiment passionnés. Des gens qui n’étaient pas là pour se la jouer, mais bien pour vivre et faire vivre leur sport et leur musique, pour ce qui concerne les DJs. Le FISE c’est vraiment beau pour ce côté authentique qu’ils ont gardé.shaper monteurs sport extreme fise

Vous avez joué sur combien d’étapes ?

J’ai fait plus de 50 ou 60 étapes  je crois, je n’ai pas trop compté. On a joué en France métropolitaine et à l’étranger. J’ai vu le FISE se professionnaliser petit à petit, poste par poste  prendre de la bouteille comme on dit, au fil des expériences. J’ai vu des gars commencer stagiaire et 2 à 3  ans après avoir des postes de manager ou des mecs qui faisaient du vélo ou du skate qui shapait un peu et aujourd’hui voyagent dans toute la France et le monde pour monter des modules et qui vivent de ça. Le Fise arrive à fédérer tant de gens, c’est énorme.

Comment décririez-vous l’ambiance ? Vous tirez sûrement beaucoup d’énergie d’un tel public ?

L’ambiance du Fise c’est d’abord  les bons ingrédients : un pack qui tue, des riders au niveau, un speaker au niveau. Et de ce point de vue y’a toujours du lourd au Fise : Lionel Cardosso, Miguel Martinez, Thomas Debatisse Beal, Kwet Rodeo, William Gleizal, Lionel Becari, Simon N’Guyen, et Yohan Berthonneau. Tous des passionnés qui savent chauffer le public. Et bien entendu le dj au niveau et à partir de là si la météo va, the show must go on.  Sans oublier tout ceux qui sont là derrière : Anne Cé, Pierra, Mathieu.

musique dj soundfari fise

C’est génial de jouer au FISE. Il y a une chaleur, une ferveur extraordinaire. Et en même temps, c’est bon enfant, c’est familial. On y joue pour un public assez hétérogène finalement, du coup, musicalement, on peut et on doit être dans la diversité. Et ça nous convient parfaitement, car cela nous ressemble beaucoup. SoundFari est porté par de nombreuses inspirations.

Ce n’est pas plus périlleux justement de jouer pour un public aux goûts si différents ?

C’est le défi en effet sur ce genre d’évènements. Les gens ne sont pas là pour toi, mais pour le show et c’est à toi de les emmener à travers le son. Mais c’est un super défi à relever. C’est aussi un sacré trip, on a parfois joué 12 heures d’affilée !

Et puis, la finale de BMX du dimanche…un vrai volcan ! C’est un truc énorme à vivre. L’énergie entre le public, les riders et la musique circule, c’est électrisant.

Tu disais que niveau organisation vous avez vu les choses évoluer petit à petit ?

Oui, au début, par exemple, il n’y avait qu’un spot pour jouer. Donc tu jouais pour le wake mais tu ne voyais pas ce qui s’y passait. Idem pour le flat ou pour le MTB. On a réussi à avoir 4 spots au bout de deux ans. En saoulant Olivier !

Il nous est arrivé d’avoir des problèmes d’organisation comme des sonos pas branchées. Tu arrives et il faut tout câbler… Et puis tu joues beaucoup en extérieur, et là, avec la météo ça peut vite devenir galère. Une année à Montpellier, en 2010 je crois, le Lez avait débordé, l’électricité avait disjoncté. On s’est débrouillé pour brancher une sono.

Avec le FISE on a tout fait, je pense. Jouer par 40 degrés, ou moins 20  sous la pluie, sous la neige, avec le vent, brancher des sonos, tirer des câbles, dans des palais omnisport, des arènes,  des parcs d’exposition, des foires, des centres villes, à la mer, à la montagne… Mais avec la même passion que  les mecs qui montent les modules qui défont et refont pour que le show se fasse. Idem pour les speakers qui finissent la voix cassée.fise sports extremes bmx rider

Tu joues aussi dans des conditions surprenantes. Tu te retrouves à devoir monter ton matos sur une plateforme à 8m de haut ! Ou comme au dirt à Montpellier une année, avec tes platines littéralement au milieu de 10 000 personnes, sans filtres, sans barrières… C’était sportif !

Parlons-en des sportifs justement, lesquels t’ont marqué ?

Je me souviens de Dave Mira. Un sacré gars. Après en citer certains et pas d’autres…on ne veut froisser personne, mais on peut mentionner Maxime Charveron, le Hollandais volant Daniel Wedemeijer, Raphaël Chiquet ou encore Alex Jumelin, Yannik Granieri, Anthony Jeanjean, Istwan Caillet.

fise riders bmx flatlander sport extreme

Quelques anecdotes croustillantes à nous révéler ? (promis on répètera pas !)

Je me souviens des gars qui montaient les parks. Ils bossaient avec un tracto dans la journée. Le soir, ils s’étaient pointés au club avec… Vous imaginez la tête du videur quand il les a vus ?

Sinon, je conseille vivement de ne pas toucher aux vases en Chine, sinon tu vas te retrouver à courir après le gardien des vases.

Quels sont les projets sur lesquels travaille le Soundfari actuellement ?

On sort un album, le premier morceau s’intitule « Que Pasa? ».

Je me produis aussi en solo, sous le nom Bandeira Crazy Horses, et je vais sortir un album prochainement. Et on ouvre notre studio en septembre.

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