Leurs noms ou leurs visages vous disent peut-être quelque chose, vous aimeriez en savoir un peu plus sur elles.

Sports-extremes.net vous propose de découvrir des Femmes d’Actions, à travers des portraits et des interviews qui permettront de mieux les connaître. Aujourd’hui c’est l’animatrice / journaliste Maxine Eouzan qui joue le jeu.

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Femme d’Action – Maxine Eouzan SFR SPORT 3

À chaque histoire il y a un commencement :

le 31 juillet 1995, le Parlement réuni en Congrès à Versailles, adopte la révision de la Constitution portant sur l’extension du champ d’application du référendum, instituant une session parlementaire unique de neuf mois pour les deux assemblées et la réduction de l’immunité des députés et des sénateurs, pendant ce temps-là, une femme d’action est née à Champigny sur marne, en banlieue Parisienne.

Si la première info est bel et bien un fait marquant de ce lundi 31 juillet 1995, vous auriez tort de penser que la seconde ne l’est pas tout autant. Elle l’est, mais dans un autre registre.

En effet, cette naissance est celle d’un talent à l’état brut, qui dès son plus jeune âge, va montrer un intérêt pour le sport et ses compétences en la matière vont lui permettre de faire rapidement du haut niveau.

Ses premières armes sportives furent dans la gymnastique artistique, une passion qui lui a été transmise par son père, ancien champion du monde de Tumbling, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’à 3 ans elle savait déjà ce qu’elle voulait et cette conviction dans ses choix, elle l’a toujours eu. À l’âge de 9 ans quand elle arrête la gymnastique artistique, c’est uniquement pour changer de discipline, peut-être en avait-elle déjà fait le tour ou avait-elle besoin de quelque chose de plus intense ? En tout cas son choix s’est porté sur la gymnastique acrobatique aussi appelée acrosport et dès l’âge de 10 ans elle était en haut niveau.

Pendant 5 ans, elle va montrer son talent à la France, l’Europe et au reste du monde. Elle sera plusieurs fois championne de France, 3ème aux championnats d’Europe et 5ème aux championnats du Monde.

Malgré ses différents succès, elle décide de se diriger vers un nouveau sport, envie d’un nouveau défi ou tout simplement d’évoluer dans un nouvel espace ? Allez savoir, son choix se porte donc sur le plongeon qu’elle commencera directement après l’arrêt de la gymnastique acrobatique et en haut niveau à l’Insep.

4 ans et demi de plongeon spécialisé à 3m mais également plus de frisson avec du haut vol à 8 m. Les résultats sont moins présents à l’international dans cette discipline et pourtant son talent est bien là puisqu’elle a été plusieurs fois championne de France. Et si, elle avait trop donné au sport au point d’avoir envie d’arrêter moins d’un an avant les JO? A moins que le poids des études devenait trop lourd pour ses épaules !

En effet, en parallèle de son emploi du temps sportif intense, elle prépare une licence en journalisme à l’Insep. De là, elle a eu l’occasion de faire plusieurs stages qui l’ont conforté dans son choix, mais celui de la fin d’année 2016 à MCS EXTREME, lui a permis d’être embauchée en tant que pigiste.

Aujourd’hui à 21 ans, elle commence plutôt bien sa carrière puis-qu’ elle présente Culture Box une pastille qui traite des cultures urbaines dans l’émission de sports extrêmes Au cœur de l’extrême.

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Femme d’Action – Itw de Bboy Lilou par Maxine Eouzan

Maxine Eouzan a trouvé du temps pour répondre à nos questions entre deux activités.

1/Ton amour pour la gymnastique artistique et acrobatique t’a été transmis par ton père mais comment t’es venu l’envie de faire du plongeon de haut vol ?

Effectivement la passion de la gym artistique et acrobatique m’a été transmise par mon père qui était encore gymnaste quand on était bébé. Du coup avec mon frère on côtoyait souvent, très très souvent les salles de gym.

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Femme d’Action – Maxine Eouzan

Pour le plongeon, l’idée vient de mon frère qui en plus de la gym et du trampoline, en a un peu fait quand il était petit. Il me l’a conseillé car pour lui l’acrosport et le plongeon ont beaucoup de points communs.

Au début je n’étais pas trop motivée par l’idée, je n’avais pas envie de me retrouver dans l’eau tous les jours. Mais je me suis rendue compte qu’acrobatiquement parlant les deux sports se ressemblaient énormément.

Etant à l’Insep, il a été facile pour moi d’essayer et d’apprécier ce sport à haut niveau.

2/Quel a été la réaction de ton père quand tu lui as dit que tu arrêtais l’acrosport pour faire du plongeon ?

En fait, j’ai arrêté l’acrosport parce que mes deux partenaires avec qui j’avais eu de très très bons résultats, mes meilleurs résultats d’ailleurs, ont décidé d’arrêter leur carrière. Elles en avaient un peu marre, du coup je me suis retrouvée toute seule et l’acrosport étant un sport d’équipe, il était forcément compliqué pour moi d’en faire toute seule.

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Femme d’Action – Maxine Eouzan

Je me suis donc mise à la recherche d’un autre partenaire, chose qui a mis quelque temps. Au final quand j’ai réussi à enfin en trouver un, il s’est blessé au bout de six mois et là je me suis retrouvée complètement seule.

La seule solution pour que je puisse continuer était de partir sur Rennes et je n’avais vraiment pas envie de quitter ma famille, alors j’ai tout arrêté.

C’est là que j’ai commencé le plongeon, mes parents étaient déçus pour moi que j’arrête l’acrosport, mais ils étaient très contents que je trouve un autre sport dans lequel il était possible de participer aux jeux olympiques alors qu’en acrosport ce n’était pas le cas.

3/Durant tes dernières années en plongeon tes résultats ont été moins performants, était-ce dû à la pression ou le plaisir n’était plus au rendez-vous ?

C’est vrai que sur le papier mes résultats étaient moins performants, mais je pense vraiment que j’aurais pu en avoir de très bons.

A vrai dire, c’est le côté collectif de l’acrosport qui m’a toujours manqué et quand j’arrivais en compétition toute seule sur mon tremplin, j’avais du mal à dompter le stress et cela m’a toujours joué des tours, surtout en senior.

Parce qu’au final, en junior j’ai eu de très bons résultats, j’ai été plusieurs fois championne de France. Mais une fois arrivée en senior, le fait de faire moins de compétition ne m’a pas aidé. À chacune d’elle, je ne sais pas pourquoi mais le stress l’emportait.

Ma dernière année en senior, un an avant les Jeux Olympiques de Rio, j’ai pris pas mal de gamelles, de plat comme on dit et après ça j’ai fait des blocages. Je n’arrivais plus à me lancer dans aucune figure. De la plus simple à la plus compliquée, je n’y arrivais vraiment plus et je ne voulais plus du tout voir de piscine.

En plus, je pleurais tout le temps donc j’ai dit à mon entraîneur stop, j’arrête. Je ne pense pas que c’était une pression d’avant Jeux Olympiques, parce que je n’en ressentais pas à ce moment-là. J’étais plus dans un ras le bol et un manque total de plaisir.

4/Tu as parlé de blocage, de peur, ils sont toujours présents aujourd’hui ?

Disons qu’après mon arrêt en 2015 j’avais vraiment besoin de faire une pause et comme je le disais précédemment, je ne supportais plus de voir une piscine. Malgré tout, six mois plus tard, j’ai décidé de faire les championnats de France pour mon club et j’ai réussi à vaincre mon blocage.

Dernièrement j’ai même fait une publicité pour la marque Hermès (Vidéo en début d’article), j’ai dû replonger à cinq mètres et franchement j’ai réussi pas mal de figures, j’étais contente de me retrouver sur un plongeoir. Après, je ne peux pas dire que je n’avais plus peur, car c’est un sport où il y a toujours une part de peur mais j’arrivais à la maîtriser.

5/Tu ne regrettes pas de ne pas avoir eu l’occasion de participer au J.O ?

Je me suis longuement posée cette question, en plus c’est vrai que mon père, ancien champion qu’il est, était un peu déçu de ma décision, car il voyait en moi un potentiel de qualification olympique. Ce qui fait que j’ai encore plus réfléchi avant de me décider à mettre un terme à ma carrière.

Alors après m’être vraiment posée la question, j’en ai déduit que non je ne regrette pas de ne pas avoir eu l’occasion de participer au J.O.

De toute façon, je m’étais dit que je verrais bien en regardant les Jeux Olympiques de Rio à la TV si je regrettais ou pas ma décision. Et en les regardant l’été dernier, j’ai un peu regretté mon choix, mais plus pour l’ambiance qu’il y avait pendant les jeux, car elle est énorme et en plus d’être avec tous les sportifs cela doit être génial.

Mais après, je n’ai pas ressenti de manque en tout cas pas au niveau de mon sport. Je préfère avoir arrêté et me consacrer à ma nouvelle vie plutôt que d’avoir continué et galéré.

De plus je ne sais même pas si j’aurais été qualifiée donc pourquoi devrais-je regretter ?

6/La Grande passionnée de sport que tu es ne pouvais pas complètement s’en éloigner alors tu as décidé de faire une licence en journalisme à l’Insep. C’était une idée qui germait en toi depuis longtemps ?

Après le bac je ne savais pas trop quoi faire et quand je voyais mon futur métier il était évident pour moi qu’il serait en rapport avec le sport.

Je n’avais jamais pensé être journaliste, c’est vrai que mon frère avait fait la formation Sportcom et cela avait l’air vraiment cool, il y avait de la radio et de la TV alors je me suis dit pourquoi pas.

L’avantage, c’est que cela me permettait de continuer mon sport avec des horaires hyper avantageux. C’est plus pour ça que j’ai pensé à cette formation et j’ai eu de la chance car elle m’a vraiment plu. Elle m’a permis d’en arriver où j’en suis aujourd’hui et quel métier je fais ! C’est incroyable !!

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Femme d’Action – Maxine Eouzan

7/Ton frère semble être une véritable source d’inspiration pour toi ?

Oui clairement, si mon frère n’avait pas fait de trampoline dans le club de Bois-Colombes je n’aurais jamais découvert l’acrosport. Et puis c’est vrai qu’il a toujours été un exemple pour moi et que je l’ai toujours suivi. Il était à Bois-Colombes, j’y suis allée, il était ensuite à l’insep, je l’ai suivi. Il a fait Sportcom, j’ai fait Sportcom. En plus on s’entend vraiment bien il a toujours été la pour me conseiller et vice versa.

Et il a surtout toujours été super fier de moi dans tout ce que j’ai fait. Et même si aujourd’hui on a pris tous les deux des chemins totalement différents, on s’appelle toujours pour nous raconter nos vies

8/Ta rubrique dans l’émission « Au cœur de l’extrême » ne parle pas de sports mais plutôt des cultures urbaines, une autre passion qui t’anime ?

J’avoue que les cultures urbaines n’étaient pas un milieu dans lequel je me serais vue, mais quand j’ai fait mon stage à MCS Extrême et que je voyais la journaliste Céline Lapompe faire sa rubrique « culture club », ça me donnait hyper envie.

Je me suis toujours dit que dans une seconde vie j’aurais aimé avoir une grande carrière de danseuse et vu que cela rentre dans les cultures urbaines je prends un plaisir fou à aller couvrir des compétitions de danses. C’est vraiment une seconde passion, ça m’intéresse énormément et cela me permet de découvrir des disciplines, j’adore ça !

J’ai vraiment envie de continuer là-dedans.

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Femme d’Action – Itw des danseurs fantastiques par Maxine Eouzan

9/Si tu devais reprendre un sport aujourd’hui, lequel choisirais-tu ?

Je pencherais pour la gymnastique acrobatique, car mes partenaires sont restées des superbes amies, je les revois souvent et on en parle encore énormément.

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Femme d’Action – Maxine Eouzan

C’est une discipline qui me manque tous les jours car j’ai certains regrets au final. Ce n’est pas moi qui ai fait le choix d’arrêter et je suis persuadée que j’aurais pu avoir de très bons résultats sur la continuité.

Aujourd’hui, c’est vraiment un sport que je referais sans hésiter avec mes anciennes partenaires pour m’amuser.

D’ailleurs je n’ai jamais retrouvé un sport qui m’ait vraiment plu, plus que l’acrosport.

10/Qu’aimerais-tu que l’avenir te réserve ?

Depuis que je côtoie les sports extrêmes, sports que j’ai déjà plus ou moins côtoyé en plongeon, je m’entraînais avec le champion du monde de Cliff Diving, Gary Hunt, eh bien je n’ai pas trop envie de quitter ce milieu.

Je trouve que c’est vraiment un milieu cool, c’est ce que j’aime faire et c’est ce que je veux continuer à faire. Les sports, disons plus classiques comme le football ou le rugby ne m’intéressent vraiment pas.

J’aime bien aller dans les sports originaux et l’idéal pour moi serait d’être journaliste pour Red Bull, car c’est une boîte que j’adore, qui fait des superbes événements de sports extrêmes.

Par exemple, je pourrais suivre toutes les étapes du cliff diving et le fait d’avoir pratiqué le plongeon m’a permis de connaitre toutes les personnes du milieu.

L’idéal pour moi serait donc journaliste Red Bull et présenter Top Chef.

11/Pourquoi Top Chef car nous sommes bien loin des sports extrêmes ?

Tout simplement parce que j’adore manger et que la cuisine ça m’intéresse. Je cuisine plutôt bien et je ne sais pas pourquoi, mais j’ai toujours voulu présenter une émission du genre de Master Chef ou Top Chef. Et puis j’aimerais bien rencontrer des cuistots qui savent vraiment bien cuisiner et qui pourront me donner des conseils pour que je puisse reproduire leurs plats chez moi.

Par contre, quand je suis au régime c’est un supplice de regarder ce genre d’émission.

Il y a une autre émission que j’aimerais présenter c’est le meilleur pâtissier, car je kiffe faire des gâteaux.

12/Quel est le sport extrême qui t’impressionne le plus ?

Ceux que j’admire le plus sont les freerunners, j’ai eu la chance de faire un tournage avec Simon Nogueira, Johan Tonnoir et Maxence De Schrooder qui m’ont fait monter sur les toits de Paris et à ce jour c’est certainement le tournage qui m’a le plus impressionné.

En tant que gymnaste de haut niveau j’ai eu l’occasion de faire un certain nombre d’acrobaties impressionnantes dans ma vie, mais ce que réalisent les freerunners l’est bien plus encore.

Chaque élément peut devenir un obstacle qu’il faudra franchir toits, poutres, murets, escaliers, tours et parfois à des hauteurs vertigineuses. Je pense vraiment que ce sont ces riders qui m’ont le plus impressionné pour l’instant.

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Je n’oublie pas pour autant les Cliff Diver qui m’impressionnent également énormément mais bizarrement comme il s’agit de mon sport de prédilection cela ne me vient pas en premier à l’esprit.

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