Chicks on Wheels est une compétition de skate (street et bowl) réservées aux filles. Elle se tient pour la troisième année aux Ponts Jumeaux à Toulouse les 8 et 9 juillet prochain. Interview de son organisatrice en chef, la pétillante Lisa-Marie.

Lisa-Marie, tu es en charge de l’évènement skate toulousain Chicks on Wheels (COW), raconte-nous un peu ton parcours

Je m’appelle Lisa-Marie et j’ai 30 ans… Le skate fait partie de ma vie depuis l’âge de 18 ans. Cette discipline est plus qu’un sport pour moi, c’est une manière de vivre… Il m’a permis de beaucoup voyager. Canada, Europe… Pendant ces beaux voyages, on est toujours à la recherche de nouveaux spots et de nouvelles connaissances.   J’ai participé à quelques championnats de France et autres compétitions mais mon seul but était de partager en voyageant. Aujourd’hui maman de 2 petits garçons, j’ai choisi de me consacrer aux cours de skate (en parallèle avec mon travail) mais surtout à la création d’un contest de skate 100% féminin afin que les skateuses puissent se rassembler et partager cette discipline lors d’évènement comme la COW.

C’est d’ailleurs la 3eme édition de la Chicks On Wheels et c’est grâce à elles que l’histoire de cet event continue… Je pense qu’il est important de développer cette discipline chez les plus jeunes mais aussi chez les filles qui pensent souvent que ce sport est masculin. On s’y retrouve, on échange et on passe de bons moments.skate contest filles toulouse 2017

Comment est né le projet?

J’ai fait de la compétition, et en France c’était le désert. Il y avait bien une compét’, mais qui n’était pas suivie sur la durée, faute de subventions. Je suis allée au Canada, et j’ai participé à énormément de contests là-bas. Du coup, quand je suis rentrée en France et arrivée à Toulouse il y a 3 ans, j’avais une énorme motivation pour faire quelque chose chez nous. En plus j’aime beaucoup l’évènementiel, alors forcément, l’envie de créer notre propre évènement était presque une évidence.

Mon objectif, c’est de développer une dynamique pour les petites skateuses. Plus qu’une compet’, Chicks on Wheels c’est vraiment un rassemblement de skateuses pour passer un bon moment, avoir du fun.

Qui est l’association ARA qui organise l’évènement ? Quel est son but ?

Déjà, ARA, ça veut dire Art, Rêves, Action. Tout un programme ! L’association a été fondée en mars 2000. Ses fondateurs principaux sont un graffeur, un basketteur et un skateur pro qui se sont réunis pour exprimer et transmettre leur passion dans la rue. Elle a pour intention de « Promouvoir et développer la Culture Urbaine, à travers le Sport et son esprit, et l’Art et ses différentes technicités. » L’asso s’adresse autant aux enfants qu’aux adultes. C’est historiquement la première école de skate à Toulouse.

Combien de rideuses sont attendues pour cette année ?

Une trentaine, d’horizons assez divers. On a des Françaises bien sûr, mais aussi beaucoup de petites Espagnoles, des Allemandes, des Belges, et deux Hawaïennes ! Elles adorent notre event, et elles économisent toute l’année pour pouvoir venir. C’est super touchant et aussi super motivant de les voir se démener pour venir rider chez nous !

skateboarding féminin

Comment se déroule la compétition ?

Il y a deux catégories (street et bowl) ainsi qu’un best tricks. Les inscriptions se feront sur place, 10€ par catégorie, et 15€ les deux. Un repas sera offert à toutes les inscrites!

Au programme: Qualification street -16 ans et +16 ans à partir de 14h le samedi 8 juillet. Puis le bowl suivra. Le dimanche 9 juillet sera le jour des finales.

Je tiens aussi à préciser que pour ceux et celles qui voudraient s’initier au skate, des cours seront proposés de 9h à 12h le samedi et le dimanche.

Le skate c’est toute une culture, le Chicks on Wheels ne déroge pas avec de nombreuses animations autour du contest, quelles sont-elles ?

On aura plusieurs exposants, notamment des artistes graffeurs, puisque c’est un des axes de l’association et bien sûr pas d’event sans de la bonne musique.

Y-a-t-il une spécificité du skate féminin selon toi ?

Honnêtement, je n’en vois pas, hormis que le niveau est un peu plus bas. Même si je trouve que les filles skatent de mieux en mieux, et sont en train de rattraper les garçons. Je vois par exemple notre jeune skateuse Jéromine Louvet, qui a 15 ans et qui envoie grave. Elle est très douée et est promise à un bel avenir sportif. Des filles comme ça n’ont pas grand-chose à envier aux garçons.

lisa-marie skateuse skate sport extreme vidéo
Lisa-Marie en plein ride!

Un récent docu sur Arte, SkateKeet, montrait une jeune ado skateuse, et sa difficulté à vivre sa passion (intégration, peu de rideuses, moqueries des camarades de classe etc), comment vois-tu l’évolution du skate chez les jeunes filles ?

Ce docu était vraiment génial. Je me suis totalement retrouvée dans ma propre expérience du skate quand j’ai débuté, même si j’étais plus âgée que Keet, j’avais 18 ans. Etre toujours avec des garçons, qui ne partagent pas tes intérêts, idem avec les filles…

Mais ça évolue. Je trouve que surtout les filles se donnent enfin le droit d’être des filles. A Hawaï, les nanas font du skate en mini short et maillot de bain. Chez nous, elles se sont longtemps senties obligées d’être fringuées comme des garçons. Aujourd’hui ça évolue. Il suffit de voir Leticia Bufoni, qui est non seulement canon, mais une super skateuse.

Mais faut pas se leurrer, ce sont des petites trasheuses ! (rires)

On parle souvent d’un déficit de structures/skateparks en France, es-tu d’accord avec cette analyse ?

C’est vrai ! L’objectif d’ARA c’était aussi d’avoir un skatepark couvert à Toulouse. Aujourd’hui, il n’y a que la structure aux Ponts jumeaux, et c’est juste contre le périphérique. C’est un gros problème en termes de santé pour les pratiquants. On repart de là-bas, après une session, on a le nez noir à cause de la pollution. C’est dommage car le park en lui-même est bien.

C’est complètement anormal que dans la quatrième ville de France on n’ait pas de skatepark couvert. Cela fait bientôt 18 ans que l’association se bat pour ça, sans succès. La mairie nous dit chaque année qu’il n’y a pas de budget. On leur a proposé de nous prêter un local où l’on construirait nous-mêmes le park, et on reçoit toujours une réponse négative.

En tout cas, ça ne nous empêche pas d’être dans une démarche positive, d’avoir toujours l’envie de faire connaître et partager notre sport. Les poulettes à roulettes peuvent compter sur nous !

Vous pouvez toujours vous inscrire : lisamariebailleux@gmail.com

Page Facebook de l’évènement ici.

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